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Choisir un tuteur

Comment choisir un tuteur de mathématiques au Québec

Repérer la vraie cause du blocage, comprendre les séquences CST, TS et SN, poser les bonnes questions avant d’engager, puis juger honnêtement après un mois.

L’équipe pédagogique6 min

Avant de chercher

D’abord, trouvez le vrai problème

Le bulletin est décevant en mathématiques et vous cherchez un tuteur. Le réflexe est bon. Prenez quand même une demi-heure avant de comparer des profils : une même note cache quatre problèmes différents, et chacun demande un tuteur différent.

Une notion manquante d’une année antérieure. Les mathématiques s’empilent. Un élève de 3e secondaire qui n’a jamais compris les fractions trébuchera sur les équations, peu importe le nombre d’heures passées sur les équations.

La méthode. Votre enfant comprend en classe, puis reste devant une page blanche à l’examen. Il n’a pas appris à écrire une démarche ni à vérifier un résultat. Ce n’est pas un rattrapage de contenu.

L’anxiété. Les devoirs sont corrects, les examens s’effondrent. L’élève se répète qu’il est « nul en maths » depuis le primaire. Un tuteur qui pousse plus fort empire les choses.

L’organisation. Les devoirs se font en retard, l’étude commence la veille. Pour trancher, relisez les copies d’examen corrigées et cherchez le moment où la note a baissé.

Le tuteur ne devrait pas être la première personne à qui vous demandez ce qui ne va pas.

CST, TS, SN : la séquence change le choix

À partir de la 4e secondaire, votre enfant suit une séquence : culture, société et technique (CST), technico-sciences (TS) ou sciences naturelles (SN). Les trois ne couvrent ni les mêmes notions ni la même profondeur. CST insiste sur la modélisation et les statistiques, TS et SN sur l’algèbre, les fonctions et la démonstration.

Un tuteur à l’aise en CST ne l’est pas automatiquement en SN de 5e secondaire. La séquence ouvre aussi des portes vers certains programmes du cégep. Si votre enfant vise les sciences de la nature, dites-le dès le premier appel.

Demandez donc toujours à un tuteur de mathématiques quelle séquence il enseigne et à quel niveau. La même logique vaut pour les épreuves du Ministère de 4e secondaire : préparer une épreuve ministérielle demande d’en connaître le format, pas seulement le contenu.

Le prix : ce qu’il faut comparer

Le prix d’un tuteur de mathématiques varie beaucoup, et le tarif horaire seul ne dit pas grand-chose. Regardez ce que l’heure contient : la préparation entre les séances, la lecture des examens corrigés, le suivi transmis aux parents, les frais de jumelage, le minimum d’heures, la politique d’annulation.

Un tarif très bas correspond souvent à un dépannage sans préparation, rarement suffisant pour rattraper une séquence de 5e secondaire. Demandez surtout un prix pour un objectif : combien d’heures pour rattraper les fractions d’ici décembre, et comment saurons-nous que c’est réglé?

Avant d’engager

Les questions à poser au téléphone

Posez-les avant de payer quoi que ce soit. Les réponses en disent plus long qu’un profil bien rédigé.

  • Quelle séquence et quel niveau enseignez-vous le plus souvent?

    CST, TS, SN ou le cycle du primaire : la réponse devrait venir sans hésiter.

  • Comment allez-vous vérifier où sont les trous?

    Un vrai diagnostic : examens corrigés, exercices commentés, discussion avec l’élève.

  • Que faites-vous si le blocage vient d’une année antérieure?

    Le tuteur devrait accepter de reculer, même si ce n’est pas la matière de la semaine.

  • Comment travaillez-vous avec un élève anxieux ou avec un TDAH?

    Des méthodes concrètes : séances courtes, pauses, tâches découpées. S’il existe un plan d’intervention, le tuteur devrait demander à le lire.

  • Quel suivi vais-je recevoir, et à quelle fréquence?

    Un court résumé après chaque séance vaut mieux qu’un rapport par étape.

  • Comment vos antécédents ont-ils été vérifiés?

    Le processus exact : entrevue, références, vérification des antécédents judiciaires.

  • Qu’arrive-t-il si le courant ne passe pas avec mon enfant?

    Un changement de tuteur, pas un discours sur la motivation de l’élève.

Un bon tuteur vous posera aussi des questions. S’il n’en pose aucune, c’est un mauvais départ.

Ce qu’un bon tuteur fait à la première séance

La première séance ne ressemble pas à un cours. Le tuteur demande ce qui est difficile et depuis quand, puis fait résoudre des exercices à voix haute. Il cherche où le raisonnement décroche, pas les bonnes réponses.

Il devrait aussi regarder du vrai matériel : le dernier examen corrigé, le cahier, les notes de cours. Un tuteur qui n’a rien demandé à voir travaille à l’aveugle.

À la fin, vous repartez avec une description simple du problème, un objectif pour les prochaines semaines et un rythme proposé. Pas une promesse de note.

En ligne ou en personne?

En mathématiques, le tutorat en ligne fonctionne bien à deux conditions : un tableau blanc partagé où l’élève écrit lui-même, et une caméra ou un carnet qui laisse voir sa démarche.

En ligne, vous gagnez du choix. Depuis Laval, Longueuil ou l’Ouest-de-l’Île, vous n’êtes plus limité aux tuteurs qui acceptent de se déplacer chez vous.

La rencontre en personne reste préférable dans certains cas : un élève du premier cycle du primaire, un enfant qui décroche dès qu’il y a un écran, une maison sans coin calme.

Signaux d’alerte

Ce qui devrait vous faire hésiter

Aucun de ces signaux n’est un verdict à lui seul. Deux ou trois ensemble, oui.

  • La promesse chiffrée

    Une hausse de moyenne garantie ne veut rien dire. Le résultat dépend de l’élève, du temps disponible et de l’enseignant de la classe.

  • Aucune question posée

    Ni le niveau, ni la séquence, ni les examens corrigés. La séance devient un cours au hasard.

  • Le long contrat d’avance

    Des mois payés d’un coup, sans possibilité de changer de tuteur ni d’arrêter.

  • L’élève ne fait qu’écouter

    Demandez à voir les feuilles. Si tout est écrit de la main du tuteur, votre enfant assiste à un spectacle.

  • Le silence entre les séances

    Aucun résumé, aucune réponse aux courriels. Vous payez sans savoir ce qui est travaillé.

  • Les devoirs faits à sa place

    Donner les réponses règle votre soirée et aggrave le problème. L’écart paraîtra à l’examen.

Quand le tutorat n’est pas la bonne réponse

Nous vendons du tutorat, alors disons-le clairement : ce n’est pas toujours la solution, et des heures payées au mauvais endroit coûtent cher en argent et en motivation.

Si les difficultés touchent toutes les matières, si votre enfant dort mal ou s’isole, le problème dépasse les mathématiques. Parlez d’abord à l’école : enseignant, direction adjointe, orthopédagogue. Une évaluation professionnelle passe avant les heures de tutorat.

Si le trou est petit et récent, la récupération offerte par l’enseignant règle souvent l’affaire sans frais. Et si le problème tient à l’organisation, installez d’abord une routine de devoirs stable pendant trois semaines.

Après l’embauche

Savoir, après un mois, si ça fonctionne

Un mois est le bon horizon : assez long pour voir un changement, assez court pour corriger le tir.

  1. 1

    Semaine 1 — un point de départ écrit

    Vous recevez en quelques lignes ce que le tuteur a observé et ce qu’il vise. Si rien n’est écrit, demandez-le.

    Repère : vous nommez le problème en une phrase.

  2. 2

    Semaine 2 — l’élève écrit plus que le tuteur

    Votre enfant produit la majorité des traces et corrige ses erreurs avant qu’on les lui signale.

    Repère : il explique une notion à voix haute sans relire ses notes.

  3. 3

    Semaine 3 — les devoirs raccourcissent

    Le temps passé sur un exercice semblable diminue, même si la note n’a pas encore bougé.

    Repère : moins de tension à la table de cuisine.

  4. 4

    Semaine 4 — un vrai test

    Un examen de fin de chapitre, ou une ancienne épreuve ministérielle faite à la maison dans les conditions réelles. Ce qui compte, c’est le type d’erreurs : des étourderies plutôt que des blancs.

    Si rien n’a bougé sur aucun repère, changez le tuteur, le rythme ou l’objectif.

Un tuteur de mathématiques qui connaît la séquence de votre enfant

Dites-nous le niveau, la séquence et ce qui bloque. Nous proposons un jumelage, et la première rencontre sert à vérifier que le courant passe.

Précisez CST, TS ou SN dans votre demande : le jumelage sera plus juste.

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